Le code NAF 69.10Z – Activités juridiques s’applique à tous les avocats inscrits au Barreau, quelle que soit leur forme d’exercice. La distinction entre avocat collaborateur libéral et avocat associé ne modifie pas ce rattachement. Elle détermine en revanche le régime social, fiscal et les obligations déclaratives qui en découlent.
Double immatriculation de l’avocat collaborateur : Barreau et INSEE
L’avocat collaborateur libéral relève du code NAF 69.10Z au même titre qu’un avocat installé à son compte. La nuance tient à une obligation que les fiches INSEE ne mentionnent pas : la déclaration auprès du Barreau en sus de l’immatriculation INSEE.
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Cette double démarche administrative distingue le collaborateur libéral du salarié classique. L’immatriculation auprès de l’INSEE génère un numéro SIRET rattaché au code 69.10Z. La déclaration au Barreau, elle, formalise le contrat de collaboration et conditionne l’exercice effectif de la profession.
Le collaborateur libéral n’est pas un salarié. Il exerce sous le régime des travailleurs non salariés (TNS), ce qui implique une affiliation à la caisse de retraite des avocats (CNBF) et au régime social des indépendants pour la maladie. Le contrat de collaboration, encadré par le Règlement Intérieur National (RIN), fixe la rétrocession d’honoraires et la possibilité de développer une clientèle personnelle.
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Conséquences fiscales directes
Le collaborateur libéral déclare ses revenus en BNC (bénéfices non commerciaux). La rétrocession d’honoraires perçue du cabinet constitue son chiffre d’affaires professionnel. Il peut opter pour le régime micro-BNC ou la déclaration contrôlée, selon le montant de ses recettes annuelles.
Un avocat salarié, à l’inverse, perçoit un salaire soumis à l’impôt dans la catégorie des traitements et salaires. Son employeur porte le code NAF 69.10Z. Le salarié lui-même ne dispose pas nécessairement d’un SIRET propre.

Code NAF 69.10Z et structures d’exercice : SELARL, SCP, SELAS
La forme juridique du cabinet détermine les obligations sociales et fiscales des associés, pas le code NAF. Une SELARL d’avocats, une SCP ou une SELAS reçoivent toutes le même code 69.10Z lors de leur immatriculation.
Nous observons que cette uniformité masque des différences structurantes pour les associés :
- En SELARL, l’associé exerçant est gérant majoritaire TNS. Il relève de la CNBF et du régime des indépendants, avec une rémunération traitée comme un article 62 du CGI.
- En SELAS, l’associé dirigeant (président) est assimilé salarié. Il cotise au régime général, ce qui modifie significativement le coût social et la couverture retraite.
- En SCP, chaque associé est imposé directement à l’impôt sur le revenu (BNC) sur sa quote-part de bénéfices, sauf option pour l’impôt sur les sociétés.
Le choix de la structure impacte aussi la convention collective applicable. Les cabinets employant des salariés relèvent de la convention collective nationale des avocats et de leur personnel (IDCC 1850), rattachée à l’OPCO EP pour la formation professionnelle.
Sociétés pluri-professionnelles d’exercice (SPE)
Les SPE permettent à des avocats de s’associer avec d’autres professionnels réglementés (notaires, experts-comptables). Le code NAF attribué dépend alors de l’activité principale déclarée. Si l’activité juridique prédomine, la SPE reçoit le 69.10Z. Dans le cas contraire, un autre code peut s’appliquer, ce qui a des répercussions sur la convention collective de rattachement et sur l’OPCO compétent.
Rétrocession d’honoraires et obligations déclaratives du collaborateur
La rétrocession d’honoraires n’est pas un salaire. Cette distinction, évidente pour les praticiens, génère des erreurs fréquentes dans les déclarations fiscales et sociales des jeunes collaborateurs.
Le cabinet qui verse la rétrocession n’effectue pas de prélèvement à la source. Le collaborateur libéral gère lui-même ses acomptes d’impôt sur le revenu et ses cotisations sociales (URSSAF, CNBF). Il émet des factures ou des notes d’honoraires au cabinet, soumises à TVA sauf en franchise en base.
La possibilité de développer une clientèle personnelle, garantie par le RIN, génère un second flux de revenus. Ces honoraires personnels s’ajoutent à la rétrocession dans la déclaration BNC. L’ensemble constitue le revenu professionnel imposable du collaborateur.
Cotisations CNBF
La Caisse Nationale des Barreaux Français (CNBF) appelle des cotisations spécifiques, distinctes du régime général. Le collaborateur libéral y est affilié dès son inscription au Barreau. Les cotisations comprennent un régime de base et un régime complémentaire obligatoire, calculés sur le revenu professionnel.
Changement de statut et modification du code NAF avocat
Un avocat collaborateur qui devient associé ne change pas de code NAF. Le 69.10Z reste identique. Ce qui change : la forme juridique portée par le SIRET (passage d’une activité individuelle à une participation dans une société d’exercice) et le régime social associé.
Nous recommandons de vérifier trois points lors de cette transition :
- La radiation ou la modification de l’activité individuelle auprès du guichet unique de l’INPI (ex-CFE), si le collaborateur cesse son activité propre pour intégrer une structure existante.
- La mise à jour de la déclaration auprès du Barreau, qui doit refléter le nouveau mode d’exercice.
- Le choix du régime fiscal de la société (IS ou transparence fiscale), qui conditionne le traitement des revenus de l’associé.
Un changement de code NAF ne se justifie que si l’activité principale évolue vers un domaine distinct des activités juridiques, par exemple le conseil en gestion (code 70.22Z). Tant que l’activité principale reste le conseil et la représentation juridique, le code 69.10Z s’applique.

Le code NAF 69.10Z fonctionne comme un cadre commun à toute la profession. Les véritables différences entre collaborateur et associé se jouent sur le terrain fiscal (BNC vs article 62 vs traitements et salaires) et social (TNS vs assimilé salarié). Vérifier la cohérence entre le statut déclaré au Barreau, la forme juridique au RCS et le régime social choisi évite des régularisations coûteuses lors des premiers contrôles URSSAF ou CNBF.

