« Le statut global est requis pour accéder à la section statues. » En écrivant un document officiel, je suis tombé sur l’orthographe du mot « statut », que mon esprit torturé voulait aussi épeler « statut » ou même, soyons fous, « statue ». Vous doutez aussi ? Voici les explications pour écrire correctement vos déclarations officielles et accéder au statut de maître de l’orthographe française.
Écrivez-vous « statut », « statut » ou « statue » ?
Les hésitations autour du mot « statut » sont légion. Au moment de rédiger un texte administratif, une charte d’association ou même un contrat de travail, la tentation est grande de confondre les graphies. Pourtant, la règle ne laisse aucune place à l’ambiguïté :
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« Statut » s’écrit toujours ainsi dès lors qu’il s’agit d’un texte officiel, d’une décision juridique ou d’une ordonnance. Le mot prend un « t » final, jamais un « d » ou un « e ». Et au pluriel, la terminaison s’allonge naturellement en « statuts ».
Pour y voir plus clair, observez ces exemples tirés de textes historiques et de la vie quotidienne :
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- Il faut se référer aux statuts et aux ordonnances des maîtres brodeurs, qui autorisaient les brodeurs du roi à réquisitionner des ouvriers d’autres ateliers.
- « Des dizaines de milliers de musulmans, parmi les ‘compétences’, feront partie de la première université sans égard à leur statut personnel. » (Zola, Rêve, 1888)
- Le statut territorial de la région rhénane n’est pas définitivement fixé ; la Constitution allemande permet à ses habitants de choisir leur affiliation politique et territoriale. Le statut de ces populations reste donc ouvert.
- On parle aussi du statut des fonctionnaires, du statut social ou encore de la condition de la femme, selon Barres (Cahiers, vol. 12, 1919).
À l’opposé, le mot « statue » appartient à un tout autre univers. Il s’agit d’un nom féminin qui ne partage pas le même sens que le précédent. Selon le dictionnaire, une statue est une œuvre en relief, sculptée ou moulée, représentant un être animé ou, par extension, une allégorie, une idée abstraite ou un élément naturel. On quitte le terrain du droit pour celui de l’art.
Quelques exemples pour ne plus se tromper :
- « Ma jalousie n’eut plus de bornes le jour où l’on me parla de M. Simonnot, cette statue, ce bloc monolithique, si indispensable au marché. »
- « Les Thenardier, Eponine, Azelma étaient toutes des statues » écrit Sartre dans Les Mots (1964). Même les buveurs, figés, avaient suspendu leurs conversations. Victor Hugo, dans Les Misérables (1862), décrit une scène où tout semble pétrifié, à l’image de statues silencieuses.
En somme, impossible de confondre : « statut » s’impose dans le droit, « statue » trône dans les musées. La prochaine fois qu’un doute surgit en rédigeant une note ou en consultant des archives, souvenez-vous que le statut d’expert en orthographe ne s’acquiert jamais par hasard.
La langue française ne fait pas de cadeaux à ceux qui s’y aventurent à la légère. Mais une règle maîtrisée, c’est déjà un pas vers des écrits irréprochables. À chacun d’y inscrire son nom, sans faute, ni statue malvenue.

