Fixer son TJM : conseils pratiques pour freelances et indépendants

Personne ne vous remettra jamais un mode d’emploi pour fixer son TJM. Pourtant, derrière ce simple chiffre, tout l’équilibre d’une activité indépendante se joue. Trop bas, et la précarité guette. Trop haut, et les clients filent chez le voisin. Trouver la bonne formule relève parfois du casse-tête, mais c’est aussi là que l’aventure freelance prend tout son sens.

Prendre le temps de calculer ses charges

Impossible de fixer un tarif journalier sans décortiquer ses dépenses. En freelance, chaque poste compte : ordinateur, logiciels, abonnements, assurance, transports… Rien ne disparaît d’un coup de baguette magique. Il faut aussi penser au temps passé à prospecter, à remplir ses obligations administratives, sans oublier ce que prélèvent les cotisations sociales ou une société de portage salarial. Prenez le temps d’aligner noir sur blanc toutes vos charges mensuelles, puis divisez ce total par le nombre de jours facturables dans le mois. C’est là que tombe le montant plancher, celui en-dessous duquel il devient impossible de tenir sur la durée. Pour aller droit au but, certains outils comme cette rémunération d’un travailleur autonome permettent de visualiser en quelques clics son seuil de rentabilité. Pratique quand on démarre ou qu’on veut valider rapidement ses calculs.

Regarder ce qui se pratique autour de soi

Fixer son TJM dans son coin, sans regarder autour, c’est risquer de se couper du réel. Gardez toujours un œil sur les tarifs appliqués dans votre domaine, dans votre ville ou votre région, et surtout chez ceux qui font le même type de missions. Cette veille évite de partir à contre-courant du marché et permet de positionner son offre avec justesse. L’objectif ? Savoir où l’on se situe, rester compétitif sans jamais sacrifier ses marges. Se renseigner sur les usages locaux ou sectoriels aide à consolider sa place, sans céder à la tentation de brader ou d’exagérer.

Ajuster selon son expérience et ses compétences

Avec le temps, un freelance accumule des compétences, affine son expertise, maîtrise des outils recherchés ou se spécialise sur des niches. Cela change la donne. Un consultant qui débloque des situations complexes ou un développeur qui prend en main des systèmes sensibles n’a pas à aligner ses tarifs sur ceux d’un profil junior. Prenons l’exemple d’un spécialiste en cybersécurité, appelé à intervenir en urgence sur des incidents critiques : ce niveau d’intervention se justifie par un TJM plus élevé. Ce qui compte, c’est de pouvoir expliquer, exemples concrets à l’appui, ce qui fait grimper la valeur de son travail. Plutôt que de copier les autres, il s’agit de défendre ses arguments face au client, preuves à l’appui.

Rester souple, selon la demande et les opportunités

Le marché freelance ne s’arrête jamais de bouger. Les attentes des clients évoluent, la concurrence fait pression, les missions s’enchaînent sans se ressembler. Pour rester dans la course, beaucoup adaptent leur TJM : on module à la baisse sur une mission longue, on ajuste à la hausse pour une expertise rare, on adapte selon la saison. Cette agilité permet parfois de signer un contrat clé ou de fidéliser un client de valeur. Certains choisissent de négocier des tarifs préférentiels sur des collaborations régulières, d’autres saisissent l’occasion d’explorer un nouveau secteur avec un tarif d’appel. Dans tous les cas, l’important reste de surveiller la rentabilité, même lorsqu’on fait preuve de souplesse.

Fixer son TJM, c’est poser des choix concrets, reflets de son parcours et de ses ambitions. Ce chiffre, loin d’être anodin, raconte la trajectoire de chaque indépendant et sa façon d’habiter sa liberté. Personne ne peut écrire ce chapitre à votre place, mais ceux qui osent s’affirmer finissent toujours par trouver le point d’équilibre. Et ça, c’est tout sauf un simple calcul.

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